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Endettement inquiétant du Trésor auprès de la BCRG : les clarifications du budget

Invité de la télévision nationale, ce week-end, dans une émission spéciale, le ministre du budget, Mohamed Lamine Doumbouya, a évoqué les sujets brûlants de l’heure. La polémique autour du budget de la présidence, l’endettement inquiétant du Trésor public auprès de la BCRG, les rapports d’audit dans les entreprises publiques appelées Établissements Publics à caractère Administratif (EPA)…

« Nous avons donné ce que nous estimons juste et supportable »

« Nous avons 110 000 fonctionnaires mais nous sommes 12 millions de Guinéens. Aujoud’hui, la masse salariale représente autour de 20% du Budget de l’État. Les 80% restants, nous devons les repartir pour que chacun puisse avoir sa part. Mais si on décide de tout mettre dans les salaires, la conséquence, il n’y aura pas de production. Or, sans production, pas de création de richesse. Et sans création de richesse, pas de répartition des revenus. Donc, nous allons tout droit dans le mur. Le gouvernement a fait beaucoup d’effort. En 2010, la masse salariale représentait 1 500 milliards contre 3 500 milliards en 2017. A un moment donné, si cette répartition doit compromettre l’équilibre budgétaire, il faut faire attention. Les 40% représentent 500 milliards. Soit à peu près 52 milliards GNF par mois. C’est énorme.
Les 40% sont payés pour tous les fonctionnaires. Or, un budget ne s’exécute pas dans la précipitation. Il faut éviter de s’échauffer. Nous avons accepté une augmentation de 10%. Soit 13 milliards par mois. Nous avons fait des coupes budgétaires… Nous avons donné ce que nous estimons juste et supportable par le budget. Je vous mets à défi quiconque, dans ce monde, qui pourrait trouver un pays capable de faire une augmentation de 40%. Aujourd’hui, les salaires, c’est chez nous. Nous, nous le faisons mais nous devons tenir compte de nos réalités. Les pensions civiles ont été augmentées. Il y a eu beaucoup d’effort en terme de recrutement.

« Il n’y a pas d’argent qui dort à la présidence »

De la polémique autour du budget de la présidence ? « On parle du budget de la présidence, mais on oublie que le budget de la présidence, c’est le budget de l’anti-drogue, celui de l’office des bourses extérieures, celui du patrimoine bâti, celui de l’office du pétrole et plusieurs autres services. Mieux, c’est aussi l’extension de celui du secteur agricole comme les initiatives présidentielles avec la relance du café, du cacao, de l’anacarde, de l’acajou… Il n’y a pas d’argent qui dort à la présidence. Aucunement. La présidence utilise son argent pour soutenir plusieurs secteurs ».
Pourtant, le syndicat dénonce la mauvaise gouvernance, le manque de transparence dans la gestion du Budget de l’État. « Ce que je souhaiterais, qu’on ne se contente pas des simples déclarations. Nous sommes un pays de rumeurs. Je veux des preuves pour celui qui fait une telle déclaration. Aujourd’hui, la présidence a demandé des audits sur certains secteurs. Nous savons, aujourd’hui, que des rapports d’audits existent pour l’OGP et l’Office Guinéen des Chargeurs et il y a des sanctions en cours, c’est une volonté d’améliorer la gouvernance », a-t-il lâché. Mais la mission du programme du FMI est en train d’évaluer les performances de nos finances publiques. « Si seulement, il y avait de la mauvaise gouvernance, on ne lui aurait pas demandé de le faire. Mais je ne dis pas que tout est parfait. Je nuance. Si nous faisons des reformes, c’est pour changer les choses ».
La presse fait état d’un endettement inquiétant du Trésor Public auprès de la BCRG. Soit plus de 1 200 milliards GNF à la fermeture de la chaîne de dépenses, à fin novembre 2017, on aurait atteint à fin Janvier 2018 à près de 2 000 milliards GNF.

Endettement inquiétant du Trésor auprès de la BCRG

« La première remarque, c’est que tous les appels ne sont pas illégaux. C’est dans la loi organique. Mais ils doivent être utilisés dans des cas particuliers. Les budgets de souveraineté peuvent être utilisés en appoint. C’est légal. Je demande à quiconque d’aller vérifier dans la loi organique. Il s’est avéré à un moment donné dans l’exécution du budget de l’État un certain nombre de dépenses, qui nécessitait une certaine urgence. Tout le monde se souvient des tas d’immondice. Il fallait trouver des camions. Nous avons trouvé une trentaine de camions. Tout le monde se souvient des soulèvements qui ont lieu quand il y a eu les délestages de l’électricité. Il fallait trouver du fuel et du carburant pour alimenter les groupes », dit-il.
Mais c’est un courrier du Gouverneur de la BCRG adressée au Gouvernement, qui aurait porté cette alerte rouge. « C’est un niveau d’endettement, qui vient justifier quelques difficultés, qui ont lieu dans l’exécution du budget », a-t-il enfin conclu.

Abdoulaye Bah/Guinéenews


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